Transsibérien Moscou/Oulan Bator ]23 juin - 14 juillet 2008] 

Vous trouverez ci dessous le récit de mon voyage illustré de 56 photos.

Pour des conseils pratiques (visas, billets, hôtels, astuces) c'est là : pratique. Pour plus de photos sur les différentes étapes, c'est ici :   1] Moscou / 2] Train Moscou - Irkoutsk / 3] Olkhon / 4] Train Irkoutsk - Oulan Bator / 5] Oulan Bator /  6] Vers l'Ouest de la Mongolie (Karakorum). Enfin des liens vers d'autres sites et une biblio. Et aussi une carte.

Pour m'écrire ou me poser une question  : Christophe



]la Place Rouge]: On a beau s'y attendre, la vision des bulbes multicolores de la cathédrale Basile le Bienheureux procure un sacré choc.
Je suis arrivé depuis quelques heures à Moscou. Je me suis installé chez l'habitant, en l'occurence chez Natalia et son mari (voir les pages pratiques). Le temps de prendre le superbe métro moscovite, de trouver la bonne station, de marcher un peu et je débouche sur la Place Rouge au coucher du soleil. Au fond, la cathédrale rayonne comme un jouet sucré et sacré.
A gauche le magasin Goum. A droite les remparts impressionnants du Kremlin et le mausolée de Lénine.
Pour plus de photos, voir Moscou.




Le 23 juin, au coucher du soleil.

A l'intérieur du magasin Goum les boutiques de luxe
 se succèdent, bien loin du souvenirs des files d'attente soviétiques.
]le Kremlin]: Pour moi, le Kremlin représentait le siège du pouvoir russe.
En réalité, on y trouve la plus incroyable concentration d'églises orthodoxes de Russie.
L'idéal est de s'y rendre très tôt, avant que le flot des bus de touristes ne s'y déverse.
Je passe toute la matinée du 24 juin à visiter les cinq églises principales.
Le ciel est gris.
L'or des coupoles à l'extérieur, celui des îcones à l'intérieur, remplace le soleil.
J'assiste à de premières démonstrations de ferveur orthodoxes devant les iconostases.
A côté de ces bijoux, les palais présidentiels et les limousines gouvernementales du Kremlin paraissent bien fades.




La cathédrale de l'Annonciation au petit matin.

Quelques uns des onzes clochers à bulbes
 de l'église des Terems.

]dans les rues de Moscou]: Moscou est une ville explosive, pleine de contrastes.
Les immenses immeubles gris existent bien, mais ils sont recouverts d'enseignes muticolores dignes de Times Square.
Dans la vieille ville, on passe sans transition d'une ravissante église à bulbe à un immeuble hyper moderne, puis à une façade néoclassique bleu ciel ou orange vif, puis à un édifice soviétique.
Sur les trottoirs des mendiants édentés cotoient des femmes russes généralement superbes, comme sorties d'un défilé de mode.
Les internet cafés voisinent les restaurants traditionnels et les Mac Donalds en cyrillique (voir 
Moscou ).
Tout ruisselle d'énergie brute, et l'argent facile est partout bien visible (dans les voitures de luxe par exemple, présentes dans une extraordinaire proportion).




Dans les principales rues de Moscou on est souvent entre immeubles gris de l'époque soviétique et enseigne super design.

La faucille et le marteau sur la façade du
 ministère des affaires étrangères, un des sept immenses gratte-ciel construits par Staline pour égaler les réalisations américaines.
]le monastère Novodiévitchi]: 
Un conseil : si vous allez à Moscou ne manquez pas la visite de ce magnifique monastère situé au sud de Moscou.
Dans un cadre bucolique accessible facilement en métro, c'est un véritable condensé d'âme slave.
Vous y trouverez des remparts, une cathédrale somptueuse abritant des centaines de peintures rutilantes, de petites chapelles, des jardins, des croix orthodoxes à foison, un clocher, des tombeaux.

Le tout baigné dans une athmosphère douce et triste, typiquement russe.


 


Calme parfait à Novodiévitchi.

A l'inétrieur de la cathédrale de la Vierge de Smolensk.
]le transsibérien]: 
C'est parti.
Le 25 juin au soir je monte dans un train à destination de Vladivostok.
J'ai devant moi trois jours, quatre nuits, 77 heures, plus de 5000 km, 5 fuseaux horaires.
La gare Iaroslav ne fait pas très sérieuse, on dirait une gare échappée de Dysneyland.
Sur les quais attention aux pickpockets qui sont partout.
Un train mongol part à côté du nôtre : pagaille absolue, les mongols qui rentrent chez eux charrient des bagages gigantesques, destinés à la vente.




La gare de Iaroslav, d'où partent les transsibériens.

Mon train : le Rossia, comme c'est écrit.
]dedans]: 
Le moment où je découvre mon compartiment et l'identité des personnes qui vont partager mon intimité durant tout le voyage est un grand moment.
J'ai choisi un wagon de deuxième classe. Nous serons donc quatre.
Comme j'ai de la chance, je suis avec trois russes ... qui ne parlent pas anglais. La soirée va nous permettre de faire connaissance (en langage des mains). Heureusement, quelques verres de vodka nous aident à nous exprimer. Si vous êtes une femme, vous avez le droit de boire votre verre en plusieurs fois. Si vous êtes un homme, il faudra le vider cul sec à chaque fois, c'est comme ça.
Je repère vite notre provodnitsa : c'est la responsable du compartiment.
Tou passe par elle, prêt de couverts, obtention d'un plat de pâtes à 1 heure du matin...il vaut mieux être avec elle que contre elle, je vous l'assure. Des photos de ma provodnitsa ici.



L'endroit où je vais dormir quatre nuit entre Moscou
 et Irkoutsk (en bas à droite).

Se ballader dans le train avec un appareil photo est un plaisir sans fin : ici, on dirait le sous marin du capitaine Némo.
]vu du train]: 
Une des craintes qu'on peut avoir à bord du transsibérien est de s'ennuyer.
Je vous rassure : ce n'est jamais le cas.
Vous avez d'abord le paysage, à moins d'être réfractaire aux bouleaux, il y a toujours quelque chose à voir.
Ensuite il y a les arrêts : sortir de la gare, acheter les nourritures locales, observer les voyageurs qui montent, ceux qui descendent.
Il y a la vie dans le train : acheter sa nourriture, guetter le moment où les toilettes sont libres pour une petite douche improvisée au robinet, prendre de l'eau chaude au samovar commun pour son thé.
Enfin il y a tous les gens du train avec qui parler : russes, français, étrangers. Pour plus de photos sur tout ça : vu du train.
Un bon livre en complément et les 77 heures passent comme un rêve éveillé : nuit/jour, plus d'un fuseau horaire traversé par jour, le temps s'emmêle, les heures se dilatent...et j'arrive à Irkoutsk le 29 juin au matin, 6 h heure locale, 1 h du matin, heure de Moscou.



Quand le train s'arrêtent on peut se pomener.
Dans cette gare je monte sur une passerelle
 pour prendre mon wagon en photo.

Les scènes capturées depuis notre compartiment
sont légion. Ici, dans une gare, une mongole
essaye de vendre un short par le fenêtre de son train.
]d'Irkoutsk au lac Baikal]: 7 heures de bus sont nécessaires pour relier Irkoutsk et l'île d'Olkhon, qui se trouve à mi-chemin en remontant la rive Ouest du lac Baikal. J'arrive à 6 heures du matin à Irkoutsk, un peu dans les vaps, comme après une longue traversée en mer.
Je rejoins la gare routière en taxi, le bus part à 8h. Des paysages grandioses, de l'espace, toujours de l'espace. J'aperçois mes premières vraies steppes avec des troupeaux de chevaux.
 

Il faut prendre un bac pour accéder à l'ile d'Olkhon, à partir d'une ville qui s'appelle MRS (ne me demandez pas comment ça se prononce !).
Finalement, le bus, ça change, après 4 nuits dans le train.
Crash
  Il y a peu de voitures sur la route. Celle ci a quand même trouvé le moyen de rentrer dans le seul  camion disponible dans les environs.
 Pas de sang par terre, un miracle.
Bac
Le bac qui mène en 15 minutes sur l'île d'Olkhon.

]Khoujir]: "capitale" de l'île d'Olkhon, 1000 habitants environ, pas de téléphone, pas beaucoup d'eau, un petit peu d'électricité, mais 1 internet café.
Ambiance un peu Far West ou plutôt Far East. Pas de rue goudronnée, des 4x4, des minibus tout terrain d'origine russe, des véhicules à 3 roues.
Scène typique : un sibérien buriné descend de sa jeep, achète 2 litres de bière au seul supermarché du coin, puis repart en laissant derrière lui un panache de poussière.

On peut se promener sur les rochers du Chaman. La vue sur la Maloe More, "petite mer" (partie du Baikal qui sépare l'île de la terre ferme à l'Ouest) est superbe. Cette partie du lac est un peu plus chaude (11/12 °), les Russes s'y baignent, moi aussi ... jusqu'aux genoux seulement.


Vache devant maison
  Les vaches sont partout à leur aise, y compris dans les rues de   Khoujir, devant les jolies maisons en bois aux volets bleus 
qu'on voit partout en Sibérie.
Rocher
 Les rochers du Chaman à Khoujir, les eaux du Baikal sont comme un mirroir.
]le cap Khoboï]Tout au nord de l'île les falaises du cap Khoboï tombent à pic dans le lac d'eau douce le plus profond du monde (1600m de profondeur).

Le lac Baïkal contient plus d'eau douce que les 5 grands lacs nord américains réunis. 
Son eau est si pure que la visibilité peut atteindre 40 mètres de profondeur.

Situé sur une faille coupant la Sibérie en deux, il est l'embryon de la mer qui séparera dans quelques millions d'années deux nouveaux continents.

Kholboi
 L'eau du Baikal est si pure et le lac si profond qu'il parcourt tous les bleus de la palette, du bleu nuit au bleu ciel.
La limite entre l'eau et l'air devient indiscernable.

 A l'Est du Cap Khoboï, les points de vue sont vertigineux.
]le chamanisme]: Le peuple local, les Bouriates, ont des croyances chamanistes. Ils ne représentent que moins de 5 % de la population mais leur religion, même si elle a été intégrée plus ou moins par le boudhisme et l'église orthodoxe, reste vivante.

Les Bouriates croient aux esprits de la nature. A certains endroits spéciaux se trouvent donc des lieux d'offrandes où on peut laisser un don (morceaux de tissus, pièces de monnaies, chaussettes, lunettes de soleil, cigarettes....bref, ce qu'on a sur soi).

En partant de l'île d'Olkhon le chauffeur de notre bus s'arrête au sommet d'un col et dépose une cigarette en offrande au pied d'un poteau chamane.
Bonne idée : nous n'aurons pas d'accident jusqu'à Irkoutsk.



Au cap Khoboï.


Un totem anthropomorphe au centre de l'île, non loin du lac Chara-Nour.
]autour de l'île d'Olkhon]: Les paysages sont variés tout autour de l'île.

A l'Ouest et au Sud, le paysage est constitué de vastes steppes dénudées et verdoyantes qui s'élèvent progressivement vers le centre de l'île.
La côte est ourlée de jolies plages de sable.

Au centre, sur les hauteurs, le paysage est celui d'une moyenne montagne, avec des forêts de conifères. De profondes vallées descendent vers les plages de galets de la côte Est, qui est bordée de falaises abruptes. L'eau et l'air y sont beaucoup plus froids que sur la côte Est.
Pour plus de photos de l'île : Olkhon.



   A cet endroit, une digue de fortune marque l'emplacement d'un ancien camp du goulag ... Une drôle d'ambiance plane sur l'endroit, pourtant magnifique.

Seychelles ?
Non, côte ouest de l'île d'Olkhon, non loin de Khoujir.
Le coin est le paradis du camping sauvage.
]faune et flore]: La nature est évidemment très préservée sur l'île. Pas d'industries, pas de pollution. L'air et l'eau sont extrêmement purs.

On mange beaucoup d'Omoul (en réalité, à tous les repas, autant vous y préparer si vous n'aimez pas le poisson). L'Omoul est le cousin sibérien de la truite et du saumon.

On voit beaucoup de pêcheurs sur les côtes.

Au début de l'été les papillons et les fleurs sont au rendez-vous, dans une nature déserte (lors d'une randonnée de 46 km en VTT je n'ai rencontré ... personne).



Des papillons par centaines.

Des champs entiers de cette variété de lis parsèment les vallées de l'Est. Plus tard en Mongolie ma guide m'apprendra à en déterrer le bulbe, qui est comestible (comme celui de l'ail et de l'oignon) et a un peu le goût de la noisette.
]bye bye Olkhon]: Au milieu d'un voyage en transsibérien, l'île d'Olkhon est un vrai havre de paix et de sérénité.

La Nikita's guesthouse où je séjournais est un repère de routards du monde entier. Tenu par Nikita, ancien champion russe de tennis de table, l'endroit est décontracté et convivial. Pas de douche, mais un banya divin (c'est l'équivalent sibérien du sauna), et le soir des concerts d'accordéon ou de chants russes traditionnels.
Une adresse en or, voir le carnet pratique.


Au petit matin, à quelques mètres de ma chambre.

Au même endroit, le soir.
]Irkoutsk]J'ai plusieurs heures devant moi pour relier la gare routière à la gare ferroviaire. Je traverse donc Irkoutsk dans l'après-midi, en flanant dans les rues et tirant derrière moi ma valise à roulettes.

Je me crois en Europe : de jeunes couples d'amoureux se promènent en se tenant la main, les jeunes filles sont en tenues légères, des jeunes traînent en bande, des employés tirent sur leur cigarettes devant un magasin Nike très récent.

Il est loin le cours de géographie sur la Sibérie grise et stalinienne, les rues d'Irkoutsk ressemblent à celles de Bratislava ou de Berlin. Pourtant 8 fuseaux horaires nous séparent de la vieille Europe.  


Une des dernières maisons en bois, non loin de la gare routière.
 Dans un an ce vestige aura probablement disparu.

   Comme dans beaucoup de villes russes la gare d'Irkoutsk est une merveille. Comme un gros gateau sucré et coloré.
]d'Irkoutsk à la frontière mongole]: Le train part à 20h45 pour Oulan Bator. Le wagon est cette fois ci plein d'étrangers. Je partage mon compartiment avec un couple de Français fort sympathique et une jeune finlandaise qui me dit avoir visité 52 pays différents. Comme j'ai du temps devant moi (c'est l'avantage du train), je calcule que j'en connais 41.

Le parcours du transsibérien longe le Baïkal sur une distance assez longue que nous ferons malheureusement en grande partie de nuit.
Au petit matin nous filons vers la Mongolie dans un paysage superbe.
Pour quelques photos de plus : Vu du train 2.



   La nuit tombe, une pleine lune illumine le couchant et nous
croisons de nombreux trains de marchandises.

Au réveil, le matin se lève radieux sur un paysage magnifique : rivière, montagne, petits villages, jardins. La frontière mongole approche.
]la frontière]Dans le train, le temps semble s'écouler à une vitesse différente. A la frontière russo-mongole il s'arrête tout simplement.

Entre le moment où nous nous arrêtons en Russie et celui ou nous repartons en Mongolie, il va s'écouler ... 10 heures.

Au programme : attente, premier contrôle des passeports côté russe, attente, rassemblement dans le wagon sous une chaleur torride (attention : 2 heures sans pouvoir faire pipi, mieux vaut être prévoyant), deuxième contrôle, attente, contrôle des bagages par la douane, attente, traversée du no man's land entre les deux pays (30 minutes), attente, contrôle côté mongol, attente, changement de loco et raccordement à un autre train, attente, départ.




Pour tuer le temps, ballade dans Naouchki, minuscule bourgade russe  et poste frontière. Comme d'habitude les vaches sont à l'aise partout.

Sous un soleil de plomb tout le monde attend. Puis quand on croit avoir fini, on recommence à attendre. La gare est minuscule, mais le pavage magnifique : c'est la splendeur des gares russes.
]Oulan Bator]: 6306 km après Moscou, j'arrive. Capitale d'un pays magnifique, Oulan Bator (UB pour les habitués : Ulan Bator en anglais) n'est pas une ville a priori  séduisante.
Et pourtant, après 4 jours de visite, j'aime le dynamisme de la cité, son melting pot joyeusement anarchique, entre revival boudhique et internet café.
Même si la réalité économique est terrible : 40 % de chômage sous la pression de la migration classique de la campagne vers la capitale.

Le jour de mon arrivée, mon hôte plante sa voiture dans une bouche d'égout ouverte : toutes les nuits, les enfants abandonnés d'UB recherchent un peu de chaleur sous terre, en se collant aux canalisations d'eau chaude pour dormir.




Le parlement de Mongolie, sur la place principale de la capitale.

Un ciel infini, des milliers de toits colorés rouges, bleus, verts : c'est la banlieue de UB.
]Gandan]Gandantegchinlen Khiid, qu'on appelle plus facilement Gandan, est le plus grand monastère d'Oulan Bator.

Créé au XIXème siècle, il a miraculeusement survécu en partie aux purges staliniennes qui ont à d'autres endroits éradiqué complètement toute présence boudhiste.

Aujourd'hui c'est un endroit merveilleux, plein de ferveur et de sérénité. Je vous conseille d'y aller le matin, on peut alors assister aux cérémonies.

On s'y sent comme Tintin au Tibet, des moines aux drôles de chapeaux jaunes à poil jettent du riz, pendant que d'autres psalmodient des sutras et d'autres encores jouent de la flute ou frappent un gong.
Pour en voir un peu plus : UB.




Migjid Janraising Süm est le principal bâtiment de Gandan, et  dedans on y trouve...

...une statue de Bouddha de 26 mètres de haut.
]les bonzes]: Le Gandan est un bon observatoire de la vie des bonzes.

Bonze enfant, bonze adulte, bonze femme : on sent que la religion boudhiste, interdite pendant 3 générations, ressurgit comme une jeune pousse pleine de vigueur.

De la même branche que le boudhisme tibétain, le boudhisme mongol se reconstruit à toute allure, et des professeurs tibétains viennent enseigner à UB.
Je vois des classes entières de jeunes bonzes étudier.




Pas facile d'être un jeune bonze, on dirait.

Dans l'enceinte du Gandan, deux bonzes transportent le pain sacré dans le temple.
]monastère musée du Choijin Lama]: Le jour de mon arrivée à UB est le quatrième jour de l'état d'urgence.
Le 30 juin, suite à des élections législatives, une manif a mal tourné et il y a eu 4 morts. La Mongolie est une jeune démocratie, qui  a très bien su prendre le virage vers le multipartisme en 1990, mais qui reste inexpérimentée.
La police n'a pas su réagir lors de la manif du 30 et le président a déclaré l'état d'urgence.
Conclusion : la ville est calme, toute vente d'alccol est interdite, les contrôles d'identité arbitraires sont possibles après 22 h...

Je profite de ce jour spécial pour visiter le magnifique musée monastère de Choijin Lama, en plein centre ville. Un must à UB, avec une collection de masque extraordinaire.




Un contraste typique de UB : les temples du Choijin Lama
 et une tour moderne en construction. 

Le temple monastère abrite la plus belle collection de masques Tsam  du pays : ça fait peur !
]le Naadam]: Tous les ans, les 11 et 12 juillet se déroule l'évènement le plus important de l'année : le Naadam. Il s'agit de sortes d'olympiades mongoles qui réunissent les meilleurs athlètes du pays à UB pour des compétitions de luttes, de tir à l'arc et de course à cheval sur longue distance.

C'est aussi la saison la plus touristique : plus une chambre n'est disponible et le train UB-Pékin est complet plusieurs mois à l'avance.

Dans les petites villes se déroulent de "petits" Naadam, fête du village et foire en même temps que compétition sportive.
Je choisis de ne pas assister au Naadam à UB, mais dans une petite ville à une heure de voiture au sud : Zunmod.

Plus de photos du Naadam : UB.



Un lutteur s'habille avant son combat dans le stade de Zunmod, et    sous la pluie. Beau bébé, non ? Remarquez les jolis chapeaux.

Des archers s'entraînent à Oulan Bator, quelques jours avant le Naadam.
]au sud d'UB]Le 9 juillet je pars à pied vers le sud. Je sors de UB, escalade une montagne, traverse une fôret, me perds complètement (pas de chemin, pas de carte), marche une dizaine d'heures dans une vallée magnifique, où je vois mes premières yourtes, mes premiers troupeaux.

Je demande mon chemin dans une yourte. Vers 16h un chauffeur de poids lourd me ramasse gentiment au bord d'une route en construction (et au bord de l'épuisement). Ses bras sont comme mes cuisses.

Il me dépose au bord d'une route. Je fais du stop dans la direction d'UB. La troisième voiture s'arrête. C'est une famille mongole dans un minivan. Je me cale dans le coffre au milieu de sac de tissus. C'est l'aventure !  



Paysage typique des environs de UB. Steppe, montagne, quelques yourtes, des troupeaux.

La vallée au fond de laquelle se niche le monastère de  Manzushir Khiid.
]en route vers l'Ouest]Le 10 juillet je pars vers l'Ouest. Je suis seul avec mon chauffeur et ma guide, Tuya. L'agence n'a pas réussi à remplir mon voyage. Une mexicaine devait m'accompagner, qui s'est cassé le bras juste avant de partir.
La route vers Karakorum devrait être asphaltée. Malheureusement, elle est en train d'être refaite. Sur les 300 km effectués vers le campement, une bonne centaine sera faite sur piste.
Les paysages sont immenses, on ne croise que des troupeaux de vaches, chevaux, moutons, chèvres, plus rarement yacks et chameaux. Pas de village, pas de clotures, rien.
De loin en loin une yourte isolée. On roule dans une autre dimension.





C'est parti pour 300 km.

Comme il a bien plu au printemps, les collines bordant
 la steppe sont bien vertes.
]notre campement]Nous passons 3 nuits dans un campement de yourtes complètement isolé, à plus de 30 mn de la piste principale.
L'environnement est magnifique. Nous sommes à l'extrêmité sud d'une montagne appelée Högnö Khan.
Pas d'électricité, les soirées se passent aux bougies. L'eau est rare, les gens du camp vont la chercher à 35 km.
Une famille mongole dont la yourte se trouve non loin de là fournit une bonne partie du personnel. La cuisine est délicieuse.

Dormir dans une yourte est une expérience ennivrante, l'intérieur est magnifique. Le premier soir, il fait un peu froid, j'allume un feu dans le fourneau central et je m'endors en écoutant son crépitement, ailleurs. Un chien monte la garde non loin, pour protéger les troupeaux des loups. 



L'intérieur de ma yourte.

Notre campement.
]aux environs du campement]: Les levers et les couchers du soleil sont tous exceptionnels, le ciel changeant très rapidement.

Nous faisons un petit trek vers un minuscule monastère dans la montagne, nous allons aussi faire une randonnée dans des dunes. Je visite la yourte de la famille voisine qui possède 3 chevaux.

Un soir, au bord d'un lac, tout à coup un troupeau de centaines de chèvres et de moutons arrive pour boire. Deux jeunes enfants les accompagnent à cheval. Sur le sol des centaines de grenouilles de la taille d'un ongle s'envolent à chacun de nos pas.
Tellement de choses à voir, si cela vous dit : Vers l'Ouest.




Un chameau vaut 1,5 cheval. 1 cheval vaut 6 moutons.
Combien de moutons valent 3 chameaux ?


Coucher de soleil près du camp. La yourte des voisins entre l'immensité du ciel, et celle de la terre.
]Erdene Zuu]: A 80 km de notre campement se trouve Karakorum. Cette ville a été pendant quelques décennies la capitale de l'empire de Genghis Khan. Malheureusement aujourd'hui il n'en reste plus rien.
Si les touristes viennent à Karakorum c'est pour visiter le monastère d'Erdene Zuu, dont la construction a débuté en 1586 et qui depuis cette date est le centre religieux boudhique le plus important du pays. A son apogée (avant les purges staliniennes) le monastère comptait une centaine de temples, environs 300 yourtes et plus de 1000 moines.
Aujourd'hui subsiste l'immense enceinte de 400m sur 400m bordée de 108 stupas, et une petite dizaine de temples, tous très intéressants.

 


Les temples principaux d'Erdene Zuu, de style chinois. A l'intérieur, de magnifiques sculptures et peintures boudhistes, qui furent cachées par les habitants des environs, au péril de leur vie, pendant la répression soviétique.

Un temple de style tibétain à Erdene Zuu, un coin
 de Lhassa en plein coeur de la Mongolie.
]retour à UB, c'est fini]13 juillet, il est temps de prendre la route du retour. Le temps est magnifique, nous roulons toute la journée vers UB, croisant un nombre impressionnant de troupeaux, dormant, méditant.

Demain, debout à 4 h, à 7h un avion me transportera à Moscou, puis un autre à Paris, puis un TGV jusqu'à Nantes ou je devrais arriver vers 19h, 3 h du matin heure mongole.

Je regarde paysage et habitants avec avidité : tout ce que vois, comme ce cavalier au galop surgisseant sur la gauche de notre camion et lui coupant la route, si vrai et palpable dans l'instant, apparaîtra demain comme un rêve lointain.




Au galop dans la steppe.

Un couple de grues et leurs 2 petits. La grue est strictement monogame, on n'en voit qu'en couple.